Qu'est-ce qu'un insecte

par Jean-François Roch


Le corps de l'insecte

L'insecte a un corps divisé en trois parties: la tête, le thorax et l'abdomen. Le corps est couvert de plaques coriaces servant de protection aux organes internes qu'on appelle sclérites. Ces derniers sont liés par des membranes souples permettant à l'insecte de mieux bouger. Ils sont faits de chitine et de protéines.

Tous ces sclérites forment l'exosquelette (squelette externe) de l'insecte (voir schéma à côté).

La tête

La tête comprend un front, un vertex, les yeux, les antennes et une bouche.

Le front se situe entre la bouche et les yeux. Le vertex se localise en arrière du front et des yeux.

Il y a deux types de yeux. Les plus gros situés sur les côtés et la face dorsale de la tête sont les yeux composés. Ils sont constitués de facettes hexagonales et leur nombre varie selon le groupe d'insectes: 4 000 facettes par oeil chez la mouche et de 10 000 à 28 000 chez les libellules. Ces yeux permettent à l'insecte de percevoir les formes. Chez la majorité des insectes, on trouve un second type d'oeil: les ocelles. Ces derniers, au nombre de deux ou trois, sont simples, se situent sur le front ou le vertex et ne réagissent qu'à la lumière et à la pénombre (voir schéma à côté).
Les antennes, organe sensoriel jouant un rôle olfactif et sensoriel, sont segmentées et varient beaucoup en forme selon le groupe d'insectes: chez les éphémères et les libellules, elles sont minuscules; elles sont filiformes et très longues chez les longicornes; chez certains papillons nocturnes, les mâles ont des antennes qui ressemblent à des plumes.
La bouche, toujours externe et située en dessous ou en avant de la tête, est composée d'ustensiles, nommés pièces buccales, qui sont les suivants: clypéus, labre, labium, mandibule, maxille et palpe. Sa structure est très variable car l'alimentation n'est pas la même chez tous les insectes. En conséquence, chaque type de nourriture exige des pièces buccales de forme différente. Il existe quatre principaux type de bouches: insectes broyeurs, insectes broyeurs-lécheurs, insectes suceurs et insectes piqueurs-suceurs.

Chez les insectes broyeurs, les mandibules font penser à des pinces et servent, par leur puissance et l'aspect tranchant, à couper et mâcher la nourriture solide. Le labre représente la lèvre supérieure qui est fixé au clypéus et couvre la base des mandibules. Le labium constitue la lèvre inférieure. La maxille sert à la mastication des aliments. Il faut noter qu'il y a des appendices ressemblant à des antennes fixés sur le labium et la maxille, ce sont des palpes. Ces derniers sont considérés comme des organes tactiles, gustatifs et préhensiles. Les carabes, les criquets, les grillons et les sauterelles sont des exemples d'insectes broyeurs (voir schéma ci-contre).
Les insectes broyeurs-lécheurs sont représentés principalement par les abeilles, les bourdons et les frelons.

Le labium de ces insectes est modifié en une langue pour lécher la nourriture. Les mandibules servent à pétrir la cire pour faire des alvéoles (voir schéma ci-contre).
Les mouches et les papillons sont des insectes suceurs. Les pièces buccales sont adaptées pour aspirer des aliments liquides.

Chez la mouche, la bouche est une trompe, le proboscis, qui a une extrémité élargie en forme d'éponge. Cette trompe se replie sous la tête au repos. Certaines mouches sont capables avec de la salive à liquéfier des aliments solides (voir schéma ci-contre).
Chez le papillon, les pièces buccales sont constituées de palpes labiaux et d'une trompe longue.

La trompe est  formée par le soudage des maxilles et fonctionne comme une paille permettant au papillon d'aspirer le nectar des fleurs et le jus fermenté des fruits. En action, elle se déploie et, au repos, elle s'enroule sur elle-même sous la tête (voir schéma ci-contre).
Chez les insectes piqueurs-suceurs comme les moustiques et les punaises, la bouche est un rostre. À l'intérieur de ce dernier, on y trouve des mandibules et des maxilles modifiés en forme d'aiguille appelées stylets. Ces derniers sont acérés pour percer les tissus des animaux et des végétaux afin d'aspirer les liquides internes.

Lors de la succion, le rostre se plie et les stylets deviennent visibles à leur base alors que leur extrémité est enfoncée dans les tissus.

Chez les insectes prédateurs comme les punaises assassines, on injecte de la salive dans la proie pour liquéfier les tissus intérieurs et ensuite les absorber.
Dans le cas des moustiques femelles, des mouches à chevreuil et des mouches noires, la salive injectée sert à empêcher la coagulation du sang et elle est la cause des enflures et démangeaisons insupportables (voir schéma ci-contre et ci-dessous).

Le thorax

Le thorax est la partie située entre la tête et l'abdomen. Il porte les trois paires de pattes et, en général, deux paires d'ailes. Il est subdivisé en trois segments : le prothorax, le mésothorax et le métathorax.

Chaque segment thoracique porte une paire de pattes. Les ailes sont fixées au mésothorax et métathorax.

Les pattes, au nombre de 6, sont constituées de plusieurs articles. La base est le coxa qui correspond à la hanche. Le trochancher, le plus souvent petit, se trouve entre le coxa et le fémur. Attaché à ce dernier, on y trouve le tibia suivi du tarse. Ce dernier est segmenté et porte souvent à son extrémité des griffes. Les pattes sont très variables par leur taille et leur forme selon les groupes d'insectes (voir schéma ci-contre).

Les ailes

Les ailes sont des téguments membraneux pourvus de nervures. Les nervures correspondent à des vaisseaux sanguins et des trachées. La forme, la texture et la disposition des nervures des ailes sont des caractéristiques importantes dans l'identification des insectes en raison de leur grande variabilité.

Chez les mouches et les moustiques, les ailes postérieures sont absentes et remplacées par des haltères qui jouent le rôle de balancier durant le vol. Les ailes antérieures des Coléoptères (ex:.coccinelle et hanneton) et des perces-oreilles sont épaisses, coriaces, opaques et sans nervures pour protéger les ailes postérieures repliées au repos. Ces ailes protectrices sont nommées les élytres (voir schéma ci-contre).

L'abdomen

L'abdomen est composé de 8 à 11 segments. C'est à son extrémité que se trouvent les organes génitaux internes et de ponte.

Chez les lépismes, éphémères et les perles, l'abdomen se termine par des longues "queues" au nombre de deux ou trois que les scientifiques nomment les cerques.

L'anatomie interne

Tous les organes internes sont baignés dans l'hémolymphe. Ce dernier est le sang de l'insecte. L'hémolymphe circule de l'avant à l'arrière et est retourné vers l'avant par l'aorte et le coeur. Ces derniers se localisent sous le dos de l'insecte et vont de l'abdomen au thorax.
Le système respiratoire des insectes est primitif en raison de l'absence des poumons. Il est constitué de trachées et de stigmates.  L'oxygène pénètre par des orifices, les stigmates, localisés sur les côtés de l'abdomen et du thorax, pour être distribué dans toutes les parties du corps par des tubes, les trachées.

Le système digestif est composé, en général, des organes suivants: le pharynx, l'oesphage, le jabot, le gésier, l'estomac, l'intestin, le colon, le rectum et l'anus. On trouve des glandes salivaires à côté du pharynx.

Les tubules de Malphigi sont l'organe d'excrétion associé au système digestif. Son rôle est de recueillir les déchets de l'hémolymphe et de les déverser dans l'intestin.
Le système nerveux comprend un cerveau, une corde nerveuse centrale et des nerfs. Le cerveau, formé par la fusion de ganglions, se situe au-dessus de l'oesphage. La corde nerveuse, qui va du cerveau à l'extrémité de l'abdomen en passant en dessous du système digestif, est pourvue de renflements, appelés ganglions, à partir desquels partent des nerfs.

Les organes sensoriels

En plus des yeux, les insectes possèdent d'autres organes sensoriels sur tout le corps. Le goût et l'odorat sont les sens les plus développés.

Les organes de l'odorat se localisent sur des poils sensitifs des antennes. Ce sens est très raffiné car les insectes, surtout les papillons, peuvent détecter des odeurs très diluées.

Les organes du goût ne sont pas développés seulement au niveau de la bouche car les antennes servent à goûter aussi. Chez les mouches et les paillons, les tarses possèdent des poils détecteurs de substances chimiques qui leurs permettent de trouver de la nourriture ou un bon site de ponte.

Les insectes n'ont pas d'oreille mais plutôt des organes tympaniques. Ces derniers se localisent dans l'abdomen des cigales et des criquets et sur les tibias antérieurs des grillons et sauterelles. Chez d'autres insectes, ce sont les des poils à la surface du corps qui jouent le rôle de l'ouïe.

Les organes du toucher sont constitués par les poils du corps, les antennes et les cerques des insectes.

Définition de l'insecte

À la question "Qu'est-ce qu'un insecte ?", je répondrai ceci : un insecte est un arthropode dont le corps cuirassé se compose d'une tête, d'un thorax et d'un abdomen; il porte six pattes et ses pièces buccales sont toujours externes.

La science qui étudie les insectes est l'entomologie, ma passion et mon passe-temps.

Références

  • Bignon, Jean-Jacques. 2002. Observer les insectes. Édition Proxima. 144 pages.
  • Borror, D. J. et R. E. White. 1991,. Les insectes du Québec et de l'Amérique du Nord (au nord du Mexique). Broquet. 408 pages + 32 pages d'illustrations.
  • De Tonnancourt, Jacques. 2002. Les insectes. Monstres ou splendeurs cachées. Hurtubise HMH. 159 pages.
  • Laliberté, Jean-Louis. 1985. Glossaire entomologique. Fabreries Suplément 2: 123 pages
  • Le Monde Merveilleux des Insectes. www.univ-pau.fr/~degreg/ucef2/butterfly/hna.htm
  • Loiselle, Robert et Daniel J. Leprince. 1987. L'Entomologiste amateur. Les Publications du Québec. 144 pages.
  • McGavin, Georges. 2000. Les Insectes, araignées et autres arthropodes terrestres. Bordas. 256 pages.

Remerciements

Je tiens à remercier ma soeur, Dominique Roch, d'avoir révisé et corrigé mon article.

Livres sur les insectes

Je vous suggère trois livres écrits par des entomologistes du Québec :

  • Les insectes. Monstres et splendeurs cachés. 2002. Jacques de Tonnancourt. Hurtubise HMH. 159 pages.

    Ce livre est magnifique. Son auteur était un entomologiste amateur, un photographe et un artiste-peintre. Les photos sont magnifiques. Jacques de Tonnancourt rend hommage à la beauté, et aux multiples coloris et formes des insectes tout en faisant de la vulgarisation scientifique.

  • L'entomologiste amateur. 1987. Robert Loiselle et Daniel J. Leprince. Les Publications du Québec. 144 pages.

    Ce livre est un véritable guide qui permet à l'amateur de s'initier à l'entomologie. Il est divisé en quatre chapitre: le monde des insectes; les ordres d'insectes; la collecte et l'observation; le montage et la conservation.

  • Les INSECTES du Québec. Guide d'identification. 2005. Yves Dubuc. Broquet. 431 pages.

    Si vous ne connaissiez pas ce livre, ce serait un pêché "mortel". Ce livre est un "must". 1 530 espèces photographiées permettant l'identification des insectes de la province. L'auteur nous explique comment capturer et conserver les insectes. À la fin du livre, il y a 8 chapitres rédigés par d'autres auteurs sur divers aspects de l'entomologie comme la chasse aux lumières ou la miellée.
    Récemment, j'ai appris que Yves Dubuc prépare une seconde édition.



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